| Type de l'épisode : |
audio |
| Nombre de vues : |
157 |
|
Production : Jean Lebrun - Invites : Philippe Descola - Description : Comment devient-on un aventurier, un explorateur, un ethnologue ?Comment se décide-t-on à partir, loin de chez soi, à vivre pendant plus de trois ans avec les Indiens de l¿Amazonie équatoriale et à se fondre dans une culture en tout point différente de la civilisation d¿Occident. S¿il est des vocations tardives et des choix de vie hasardeux, il est aussi des enfances troublées par un sentiment insidieux d¿inadéquation au monde. Pour ces âmes tourmentées par les grandes aventures de l¿esprit, il n¿est parfois d¿autre issue que la poésie, le voyage, l¿appel de la forêt. À en croire Philippe Descola, l¿auteur des Lances du crépuscule, paru en 1993, qui partagea un temps sa vie avec les Indiens Jivaros de haute Amazonie, l¿observation de cultures exotiques permettrait à l¿ethnologue d¿entrer dans le monde de l¿utopie sans se soumettre aux caprices de l¿inspiration et aux vices de l¿imaginaire. Pourtant, rien de prédisposait vraiment ce professeur au Collège de France, qui succéda à Françoise Héritier en l¿an 2000, à devenir un anthropologue patenté des modes de socialisation de la nature, un ethnologue émérite des sociétés amérindiennes. Rien, n¿était sa jeunesse nonchalante et son peu d¿appétence pour les textes de Philosophie aride, étrangers au tissu concret de la vie matérielle, ignorants des petits détails, et peu soucieux de la diversité des cultures humaines. Au seuil de ce nouveau monde, plus prometteur en expériences, et plus attentif au réel, il était prévisible que le jeune Philippe Descola rencontrât Claude Lévi-Strauss. Celui-ci lui montra qu¿on pouvait analyser avec rigueur la logique du concret. C¿est grâce à lui notamment qu¿il put partir en 1976 chez les Achuar de l¿Amazonie. C¿est là, dans les villes fantômes amazoniennes, puis au milieu des tribus Jivaros coupeurs de tête, que Philippe Descola s¿initia à la longue patience du terrain et commença à s¿intéresser aux rapports que ce peuple entretient avec les plantes et les animaux. Il s¿émerveilla de cette aptitude à établir des relations de bonne intelligence avec les êtres de la nature, il voulut comprendre pourquoi les Jivaros se comportaient avec les non-humains comme avec des partenaires sociaux.Depuis ces années bénies, Philippe Descola, combine un certain optimisme de la volonté avec le pessimisme de la lucidité. Il ne cultive pas la nostalgie des origines et le culte de la vierge nature. Les Indiens d¿Amazonie ne sont pas à ses yeux des précurseurs de l¿écologie. Ils nous aident seulement à mieux appréhender la grammaire du monde, et à nous mettre sur la voie de cet universel des relations que les hommes établissent entre les existants du monde, tous les existants, tel le rapport des hommes avec les oiseaux, le vautour au Mexique, le perroquet dans nos contrées. Philippe Descola n¿a d¿autre ambition que celle de mieux comprendre les différents régimes d¿humanité. Il contribue ainsi à l¿édification d¿une connaissance moins tributaire des préjugés sociaux.2) La nature domestique - Site Internet : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/avoixnue/index.php?emission_id=79
|